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Actualité

Budget 2027 : ce que le projet de loi de finances change pour les Français qui partent en Andorre

Le projet de loi de finances pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, contient deux mesures qui visent directement les Français qui quittent la France : l’exit tax deviendrait exigible en cas de donation ou de succession de titres apportés à une holding, et l’administration pourrait exploiter durablement les contenus publics des réseaux sociaux pour contrôler le domicile fiscal. Rien n’est encore voté.

dépôt du projet à l’Assemblée nationale
1er oct. 2026
revalorisation proposée du barème de l’impôt sur le revenu
2,1 %
paiement échelonné proposé pour l’impôt devenu exigible
5 ans
aucune de ces mesures n’est adoptée au 15 octobre 2026
Projet

L’essentiel

  • Le projet de loi de finances pour 2027 (n° 3210) a été déposé le 1er octobre 2026 ; la commission des finances a rejeté sa partie « recettes » le 9 octobre, et la séance publique repart du texte du gouvernement.
  • Article 5 : la donation ou la succession de titres reçus lors d’un apport à une holding mettrait fin au report d’imposition, y compris pour un contribuable parti à l’étranger qui bénéficie du sursis d’exit tax, pour les transmissions réalisées depuis le 1er octobre 2026.
  • Article 30 : la collecte automatisée des contenus publiés sur les réseaux sociaux deviendrait permanente et servirait expressément à vérifier le domicile fiscal au sens de l’article 4 B.
  • Article 2 : le barème serait relevé de 2,1 % pour les revenus de 2026 ; ses taux ne changent pas.
  • Déjà en vigueur depuis la loi de finances pour 2026 : la contribution différentielle sur les hauts revenus s’applique aussi à l’année du départ, et une taxe de 20 % vise certains actifs des holdings patrimoniales.
Sur cette page 8 parties
  1. Où en est le budget 2027 ?
  2. Exit tax : la donation de titres apportés à une holding ne purgerait plus l’impôt
  3. Résidence fiscale : les réseaux sociaux au service du contrôle de l’article 4 B
  4. Barème de l’impôt sur le revenu : une revalorisation de 2,1 %
  5. Ce que le projet ne contient pas
  6. Ce qui est déjà en vigueur depuis la loi de finances pour 2026
  7. Questions fréquentes
  8. Sources

Où en est le budget 2027 ?

Le projet de loi de finances pour 2027 a été présenté en Conseil des ministres et déposé à l’Assemblée nationale le 1er octobre 2026, sous le numéro 3210. La commission des finances a examiné sa première partie, celle des recettes, du 7 au 9 octobre, puis l’a rejetée : les députés débattent donc en séance publique du texte initial du gouvernement, et les amendements adoptés en commission n’y figurent plus, sauf s’ils sont déposés à nouveau.

Le calendrier du budget 2027
  1. 1er octobre 2026

    Présentation en Conseil des ministres et dépôt à l’Assemblée nationale (projet n° 3210)

  2. 7 au 9 octobre 2026

    Examen de la première partie en commission des finances, qui la rejette

  3. Depuis le 13 octobre 2026

    Examen en séance publique, sur le texte du gouvernement

  4. Fin 2026

    Navette avec le Sénat, adoption définitive, contrôle éventuel du Conseil constitutionnel, publication au Journal officiel

Au soir du 14 octobre 2026, les articles 2 à 6 du projet n’avaient pas encore été mis aux voix en séance.

Exit tax : la donation de titres apportés à une holding ne purgerait plus l’impôt

Le régime dit de l’« apport‑cession » (article 150‑0 B ter du code général des impôts) place en report d’imposition la plus‑value réalisée lorsqu’on apporte des titres à une société que l’on contrôle, souvent une holding. Aujourd’hui, ce report prend fin en cas de cession à titre onéreux ; une donation ou une succession peut, sous conditions, le purger. L’article 5 du projet remplace la notion de cession par celle de transmission : une donation ou une succession rendrait l’impôt exigible.

Le projet vise aussi les contribuables partis à l’étranger. Il ajoute à l’exit tax (article 167 bis, VII) un cas de fin du sursis de paiement : la transmission à titre gratuit de titres qui, après le transfert du domicile hors de France, ont été apportés à une holding sous le régime de l’apport‑cession. Un résident andorran qui a apporté ses titres à une holding après son départ, puis donne à ses enfants les titres reçus en échange, paierait donc l’impôt sur la plus‑value constatée au départ.

Le I s’applique aux transmissions réalisées à compter du jeudi 1er octobre 2026.

Projet de loi de finances pour 2027, article 5, II (nouvel onglet)

En contrepartie, un nouvel article 1681 G permettrait de payer l’impôt devenu exigible en cinq ans, sur demande et contre des garanties. Les seuils et les conditions de l’exit tax ne changent pas : nos explications sur le départ figurent dans le guide pour quitter la France fiscalement, et les montages de détention dans le guide de la holding en Andorre.

Résidence fiscale : les réseaux sociaux au service du contrôle de l’article 4 B

L’article 30 du projet crée un article L. 80 S du livre des procédures fiscales. Il rend permanente la collecte automatisée, par l’administration fiscale, des contenus « manifestement rendus publics par leurs auteurs » sur les plateformes en ligne, y compris celles qui demandent un compte, sans système de reconnaissance faciale. Parmi ses finalités figure expressément la recherche des manquements aux règles du domicile fiscal de l’article 4 B du code général des impôts.

Pour un Français installé en Andorre, la conséquence est concrète : ce que vous publiez sur votre lieu de vie, vos séjours ou votre activité peut nourrir un contrôle de votre résidence. Les critères ne changent pas (foyer, activité principale, centre des intérêts économiques), mais leur preuve devient plus facile à rassembler pour l’administration. Les critères et les preuves à conserver sont détaillés dans notre guide sur la résidence fiscale en Andorre, et le cas des créateurs dans le parcours youtubeur ou influenceur en Andorre.

Barème de l’impôt sur le revenu : une revalorisation de 2,1 %

L’article 2 relève de 2,1 % les tranches du barème pour les revenus de 2026, sans changer les taux. Ce barème ne s’appliquera qu’après l’adoption de la loi ; notre comparateur France⁠–⁠Andorre utilise le barème en vigueur, celui des revenus de 2025.

Barème français pour une part
TauxRevenus de 2025 (loi de finances pour 2026)Revenus de 2026 (projet)
0 %jusqu’à 11 600 €jusqu’à 11 844 €
11 %de 11 600 à 29 579 €de 11 844 à 30 200 €
30 %de 29 579 à 84 577 €de 30 200 à 86 353 €
41 %de 84 577 à 181 917 €de 86 353 à 185 737 €
45 %au-delà de 181 917 €au-delà de 185 737 €

Le projet relève aussi le plafond du quotient familial de 1 807 € à 1 845 € par demi‑part.

Ce que le projet ne contient pas

  • Aucun impôt fondé sur la nationalité : l’amendement « impôt différentiel ciblé » a été rejeté en commission le 7 octobre 2026, et la clause de nationalité de la convention France⁠–⁠Andorre reste inapplicable sans loi française.
  • Aucune modification de la contribution différentielle sur les hauts revenus, de l’impôt sur la fortune immobilière ni des taux minimaux d’imposition des non‑résidents dans le texte du gouvernement.
  • L’exit tax sur les crypto‑actifs (amendement n° I-CF1822) avait été adoptée en commission, avant le rejet de toute la première partie : elle ne figure pas dans le texte débattu en séance, sauf nouvel amendement.

Ce qui est déjà en vigueur depuis la loi de finances pour 2026

Deux mesures de la loi n° 2026‑103 du 19 février 2026 concernent déjà ceux qui partent :

  • Contribution différentielle sur les hauts revenus, année du départ comprise : le contribuable dont le revenu de référence dépasse 250 000 € (500 000 € pour un couple) doit acquitter un impôt d’au moins 20 % ; s’il transfère son domicile à l’étranger, il en est redevable pour l’année de son départ, sur les revenus perçus jusqu’à cette date (article 224, V bis, du code général des impôts).
  • Taxe sur les holdings patrimoniales : 20 % sur certains actifs non professionnels (logements occupés par l’associé, yachts, véhicules, bijoux…) des sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés qui détiennent au moins 5 millions d’euros d’actifs, sont contrôlées à 50 % par une personne physique et perçoivent surtout des revenus passifs. Une société dont le siège est en France y est soumise quelle que soit la résidence de l’associé ; une société étrangère, seulement si la personne qui la contrôle a son domicile fiscal en France (article 235 ter C).

Questions fréquentes

L’exit tax change‑t‑elle pour tous les Français qui partent en Andorre ?

Non. Le projet ne modifie ni les seuils de l’exit tax (800 000 € de titres ou 50 % d’une société) ni ses conditions de durée de résidence en France. Il vise un cas précis : les titres qui ont fait l’objet, après le départ, d’un apport à une holding sous le régime de l’article 150‑0 B ter du code général des impôts, puis d’une donation ou d’une succession.

Lire : Quitter la France fiscalement › Exit tax et Andorre : qui est concerné (800 000 € ou 50 %) ? 

Pourquoi la date du 1er octobre 2026, avant le vote ?

Le projet prévoit que la mesure s’applique aux transmissions réalisées à compter du 1er octobre 2026, jour de son dépôt, pour éviter une vague de donations pendant les débats. Si l’article est adopté sous cette forme, une donation faite depuis cette date serait concernée.

Mes publications sur Instagram peuvent‑elles servir à contester ma résidence en Andorre ?

C’est l’objet de l’article 30 du projet : l’administration pourrait collecter et analyser de façon automatisée les contenus rendus publics par leurs auteurs sur les plateformes en ligne, sans reconnaissance faciale, pour rechercher notamment les manquements aux règles du domicile fiscal de l’article 4 B. Des photos ou des annonces qui montrent une vie principalement en France peuvent alors étayer un contrôle.

Lire : Résidence fiscale 

Le budget 2027 crée‑t‑il un impôt sur la nationalité ?

Non. Le texte du gouvernement ne contient aucun impôt fondé sur la nationalité. L’amendement dit « impôt différentiel ciblé », inspiré de l’« impôt universel », a été rejeté en commission des finances le 7 octobre 2026. La clause de nationalité de la convention France⁠–⁠Andorre reste sans effet faute de loi française.

Lire : Convention fiscale France⁠–⁠Andorre › La clause de nationalité (article 25) : écrite, mais inopérante 

Quand saura‑t‑on ce qui est adopté ?

Une loi de finances est en principe définitivement adoptée en décembre et publiée avant le 1er janvier ; elle peut aussi être soumise au Conseil constitutionnel. Nous mettrons cette page à jour à chaque étape vérifiée sur les documents de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Sources

  1. Assemblée nationale : projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, déposé le 1er octobre 2026 (nouvel onglet) assemblee‑nationale.frTexte du gouvernement : articles 2 (barème), 5 (apport‑cession, exit tax), 30 (contrôle) et 33 (entrée en vigueur).
  2. Assemblée nationale : texte intégral du projet n° 3210 (PDF) (nouvel onglet) assemblee‑nationale.frArticle 5 : nouveau f bis du VII de l’article 167 bis, article 1681 G, application aux transmissions depuis le 1er octobre 2026.
  3. Assemblée nationale, commission des finances : examen de la première partie du projet de loi de finances pour 2027 (nouvel onglet) assemblee‑nationale.frLa commission a examiné puis rejeté la première partie du projet.
  4. Assemblée nationale : compte rendu provisoire de la deuxième séance du mercredi 14 octobre 2026 (nouvel onglet) assemblee‑nationale.frExamen en séance publique du projet de loi de finances pour 2027.
  5. Loi n° 2026‑103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 (Légifrance) (nouvel onglet) legifrance.gouv.frBarème des revenus de 2025, contribution différentielle sur les hauts revenus, taxe sur les actifs non professionnels des holdings.
  6. Code général des impôts, article 224 (Légifrance) (nouvel onglet) legifrance.gouv.frContribution différentielle sur les hauts revenus : 20 % au moins ; année du départ comprise (V bis).
  7. Code général des impôts, article 235 ter C (Légifrance) (nouvel onglet) legifrance.gouv.frTaxe de 20 % sur les actifs non professionnels des sociétés patrimoniales.
  8. Code général des impôts, article 167 bis (Légifrance) (nouvel onglet) legifrance.gouv.frExit tax : version en vigueur, inchangée par la loi de finances pour 2026.

Les textes consolidés du Portal jurídic d’Andorra n’ont pas de valeur officielle : seule la version publiée au BOPA fait foi. Notre méthode de vérification.

Information générale, pas un conseil. Cette actualité présente les règles en vigueur au 15 octobre 2026, d’après les textes officiels. Elle ne remplace pas l’étude de votre situation par un professionnel (avocat, fiscaliste, gestoria).

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